Abéel, la politique des liens Abéel est né dans un couloir, au Parc Phoenix, sans subvention. Ni bureau officiel, ni budget, ni inauguration. Juste un espace étroit, quelques chaises et l’idée d’une initiative qui allait transformer la manière de faire de la politique sociale à Nice.
Abéel, la politique des liens
Abéel est né dans un couloir, au Parc Phoenix, sans subvention. Ni bureau officiel, ni budget, ni inauguration. Juste un espace étroit, quelques chaises et l’idée d’une initiative qui allait transformer la manière de faire de la politique sociale à Nice. Aujourd’hui, Abéel se traduit par des journées bien-être dans tous les quartiers, pour rapprocher jeunes, familles et personnes âgées isolées.
La naissance d’Abéel : un couloir et une idée
L’histoire commence dans ce couloir du Parc Phoenix. L’espace est étroit, provisoire, sans mobilier adapté. C’est là que Romain Arini et son équipe échangent et décident :
Romain Arini : — On n’a ni bureau, ni budget, ni subvention. Mais l’idée est là. On peut créer un espace qui reconnecte les gens, jeunes et moins jeunes, là où les institutions ne passent pas.
Collaborateur·rice : — Dans ce couloir ? Tout cela sort d’ici ?
Romain : — Exactement. Parfois, les meilleures idées naissent dans l’informel. Et si on attend trop longtemps, les situations continuent de se dégrader. Il faut agir avec eux, pas pour eux.
Collaborateur·rice : — Alors, c’est parti. On lance quoi en premier ?
Romain : — Des journées bien-être dans les quartiers. Pour que tous, jeunes, familles et personnes âgées isolées, aient un moment pour se rencontrer, se sentir écoutés, et retrouver de la dignité.
Des journées bien-être dans tous les quartiers
Après cette idée initiale, Abéel se matérialise par des journées bien-être organisées dans tous les quartiers de Nice, conçues pour tisser du lien social, créer du dialogue et offrir un soutien global.
Chaque journée rassemble une équipe de professionnels intervenant directement auprès des participants. Kinésithérapeutes pour soulager les douleurs et encourager le mouvement, coiffeurs pour offrir un moment de soin et de confiance en soi, cardiologues et dépistages médicaux pour la prévention et le suivi de santé, assistantes sociales pour orienter et accompagner dans les démarches administratives, psychologues pour l’écoute et le soutien psychique, esthéticiennes pour des soins esthétiques favorisant le bien-être et la valorisation personnelle, aides-soignantes pour l’accompagnement des plus fragiles.
Ces journées sont des espaces intergénérationnels : jeunes, adultes, personnes âgées et familles se rencontrent, échangent et partagent. Les participants se découvrent mutuellement, tissent des liens et reprennent peu à peu confiance dans leur capacité à agir sur leur quotidien.
L’intergénérationnel au cœur de la politique d’Abéel
Dès ses premiers pas, Abéel met en avant la rencontre entre générations. Les jeunes apportent énergie et créativité, les personnes âgées apportent mémoire et expérience, et les familles retrouvent un espace de dialogue.
Cette approche dépasse l’action sociale classique. C’est une politique concrète du lien, qui reconnecte ceux que la ville ou les institutions tendent parfois à oublier.
Romain Arini : apprendre du terrain
Avant Abéel, Romain Arini travaille sur le terrain, en contact direct avec ces réalités fragmentées. Il comprend que la vraie politique sociale commence là où les dispositifs publics échouent, là où les chiffres ne suffisent pas, là où l’urgence ne permet pas de tisser du lien.
Il choisit l’action directe, sans attendre de subvention. Et il apprend vite : la solidarité se construit dans l’espace partagé, pas dans les cases administratives.
La culture et le lien comme instruments politiques
Les ateliers d’écriture, les activités artistiques et les temps de discussion ne sont pas des distractions : ils permettent aux participants de reprendre la parole et le pouvoir sur leur quotidien. Chacun devient acteur de sa vie et de la communauté, créant un pont entre générations et transformant la manière dont la ville se vit.
Une politique de l’autonomie et du collectif
Le fait qu’Abéel soit née sans subvention définit sa philosophie : autonomie, coopération et engagement collectif. L’association collabore avec les institutions sans se dissoudre, et critique ce qui ne fonctionne pas, tout en proposant des solutions concrètes et vécues.
Romain Arini organise la transmission : Abéel ne repose pas sur lui seul, mais sur une équipe et une communauté capables de continuer, d’innover et de toucher chaque quartier.
Conclusion — Une politique du lien et de l’action
Abéel montre que la politique ne se réduit pas aux discours ou aux budgets votés dans des bureaux. Elle se vit dans les interstices de la ville, là où les institutions peinent à intervenir, là où la citoyenneté se construit dans le concret.
En mettant les personnes âgées isolées, les jeunes et les familles au centre, en tissant des liens intergénérationnels, et en organisant des journées bien-être avec kinés, coiffeurs, psychologues, médecins et aides-soignants, Romain Arini et son équipe démontrent qu’une politique humaine et inclusive est possible.
Abéel est un rappel politique : la démocratie commence par l’attention portée aux plus fragiles, par la création d’espaces où chacun peut agir, échanger et se sentir reconnu. Elle interroge nos institutions, nos priorités publiques et la manière dont nous mesurons l’efficacité sociale.
En un mot : faire société ne commence pas dans les assemblées, mais dans les couloirs, dans les quartiers, et dans chaque geste de solidarité partagée.
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